Retour à l'accueil
ERP Malleterre >> Gabriel Malleterre

Le Général Gabriel Malleterre
 
 
Un militaire    

 

 

Gabriel Malleterre est né le 30 avril 1858 à Bergerac.

Il intègre Saint Cyr à l'âge de vingt ans, sort second de sa promotion comme sous-lieutenant et part faire campagne en Afrique du Nord dans le 2ème régiment de tirailleurs algériens (1880-1885).

Nommé capitaine (1891), puis chef de bataillon (1900), il professe à l'Ecole supérieure de guerre où il enseigne la géologie et la géographie (1899-1903).

Il y noue une étroite collaboration avec le colonel Niox, qui se resserra en lien de famille, puisqu'en 1892 il épouse la fille ainée du colonel, Charlotte Niox, fondatrice en 1916 du" Bleuet de France".

 

Gabriel Malleterre
Charlotte Malleterre

 

Lieutenant-colonel depuis 1907, il prend le 24 septembre 1911 le commandement du 46éme régiment d'infanterie avec le grade de colonel.

Lors de la déclaration de guerre, son régiment intègre la IIIè Armée du général Ruffey qui prend position sur la Meuse. Il participe aux batailles de Longwy, de Fossé et de Brabant le Roi. Le 6 septembre 1914 il est promu général de brigade sur le front. Le 9 septembre, à Vassincourt en Argonne, un obus lui fracasse le bras et la jambe droite.

Amputé de sa jambe, il pourra conserver son bras mutilé. C'est sur son lit d'hopital que lui furent remises les étoiles de général et la croix d'Officier de la Légion d'Honneur.

 

 

Ses blessures à peine cicatrisées, il devient le 21 janvier 1915 adjoint au général Niox, son beau-père, gouverneur des Invalides, et le remplace dans cette fonction et dans celle de directeur du musée de l'Armée le 1er décembre 1919.

Il est nommé Commandeur de la Légion d'Honneur en 1920.

Reconnu également comme écrivain militaire et homme de lettres, il intègre le Comité de la Société des Gens de Lettres.

 

Le général Niox
Un caractère exemplaire    

 
Le général Malleterre

 

Gabriel Malleterre est très tôt sensibilisé au problème de la place des invalides de guerre dans la société française. Lorsqu'il est lui-même mutilé, il constate le mouvement de solidarité qui rapproche les victimes de ceux qui n'étaient pas au front (femmes, personnes âgées...). Mais il sait qu'avec le temps cette solidarité s'estompe, pourtant l''invalide doit conserver toute sa place dans la société, aussi écrit-il, "aide toi et l'Etat t'aidera. Il faut que chacun se mette à l'ouvrage et produise, au sens propre du mot, dans la mesure de ses moyens".

Il va donc agir pour tous ceux qui resteront mutilés à vie.

Le 21 septembre 1915, il est le président fondateur de l''A.G.M.G. (Association Générale des Mutilés de Guerre) et y consacrera le meilleur de lui-même jusqu'à sa dernière heure.

Il fait partie des premiers membres du conseil d'administration de l'Office national des mutilés et réformés, créé en mars 1916, qui s'occupe de toutes questions touchant les centres de rééducation professionnelle ou se rapportant aux intérets généraux, matériels et moraux des invalides de guerre.

Il va agir sur l'ensemble de la chaine conduisant à la reinsertion sociale de l'invalide de guerre :

- pour les soins, il cofonde l'hopital chirugical de Neuilly sur Seine

- pour la rééducation fonctionnelle, il suit les travaux de physiothérapie menés à l'hopital militaire du Grand Palais

- pour la rééducation professionnelle, il prend modèle sur les écoles de Lyon et Bordeaux.

 

Un militant de la reinsertion sociale  

 

 

Ses principaux combats il les mène sur deux fronts :

- il défend le principe de l'emploi obligatoire des mutilés en s'opposant aux licenciements massifs qui se produisent dès février 1919. Il souhaite la mise en place d'un service de placement spécialisé pour s'occuper de l'emploi des invalides de guerre.

- il exige que l'invalide qui travaille perçoive un salaire normal, contrairement aux dispositions de l'article 3 du 10 août 1899 qui permettait aux entrepreneurs de diminuer le salaire d'ouvriers aux "aptitudes physiques d'infériorité notoire".

 

Le général Malleterre à l'hopital de Neuilly sur Seine
Le caveau des gouverneurs des Invalides

 

Il meurt le 26 novembre 1923, entouré de sa femme et de ses filles. La cérémonie officielle eut lieu à Saint Louis des Invalides.

 

Son corps repose dans la crypte de l'Hotel des Invalides.